Transpoems

Des poèmes transgenres pour une réflexion sur l’espace-temps en mutation du poème.

Qu’est-ce qu’un transpoem ?

J’appelle transpoèmes ou transpoems des poèmes transgenres, qui mutent et migrent. Passent d’une rive poétique à l’autre. Ce sont des segments que je prélève de mes textes publiés ou en cours d’écriture, que j’assemble et que j’enregistre à l’aide d’un zoom audio en différentes situations et différents lieux et qui sont ensuite intégrés à d’autres œuvres, installations et œuvres collectives (musicales, scéniques) mais peuvent aussi être écoutés pour eux-mêmes ou diffusés à la radio ou sur le web.

Parler de transpoetry ou de transpoèmes est bien sûr un clin d’œil en sympathie adressé aux travaux sur le genre. Les nouvelles avancées scientifiques et militantes sur le genre nous montrent la plasticité de celui-ci. Les transpoèmes entendent plaider pour la plasticité du genre poétique. Ni poésie sonore ni poésie écrite ni même poésie mixte mais une poésie dont le genre se modifie en fonction des collaborations. Hors sol, hors livre, ils prennent alors un autre sens. Il ne s’agit pas ici de dire que la transpoetry délivrerait le poème. Non. Le texte n’est pas vécu comme limitant ou enfermant. Il est nécessaire comme un espace-temps donné. Avec ses images sonores et plastiques potentielles, sa géographie et sa vocalité imaginées. Il est nécessaire tout comme les réécritures et les variations sont nécessaires. Les dés sont là pour être rejetés. Les transpoèmes sont des greffons. Des greffes situationnistes ? La greffe ne modifie pas que le greffon mais elle vient trans-former l’œuvre qui accueille. Une image poétique immigrée est à l’œuvre. Une image qui diffuse sa culture, modifie la terre d’accueil, l’enrichit et se modifie elle-même.

Je lis ces textes brefs dans des situations, des lieux, des moments, que je traverse spontanément. Sons de la ville, sons de la nature. C’est la contrainte. Devant faire face à l’intrusion de certaines données imprévisibles (le vent, la tempête, le téléphone, le son d’une machine à inhaler) la voix prend appui sur d’autres mots, le souffle est autre, la musique du texte différente, la ponctuation se désaxe. Les textes ne sont pas répétés auparavant mais dits spontanément, en réaction à la situation. Le centre de gravité du texte se déplace alors. Creuse autrement le sens. En lisant le texte dans ces contextes imprévus, j’emmène le texte ailleurs, le fait migrer d’un espace-temps à un autre. Pérégrinations. Des poèmes multipatrides. Nécessairement.

A la radio et sur le web

« hors du temps du son », diffusé à partir du  21 mars 2019 sur Radio 0, radio de poésie pulsée, de fiction et de musique, dans l’émission « 3’30 » concoctée par Mélanie Yvon, Benoît Toqué et le collectif chôse.

Ce poème crée une béance entre ma voix disant le poème « hors du temps du son », avec un tempo très lent, et ma voix en arrière-plan sonore de l’émission de France Culture de Manou Farine, La compagnie des poètes, consacrée à « je neige (entre les mots de villon) ». C’est entre les mots de l’émission entre les mots de villon que je dis « hors du son du temps ».

Dans les installations sonores, plastiques et lumineuses

La forêt blanche : une installation en deux temps

Conception : Laurent Bolognini, Laure Gauthier & Sylvie Lobato

Dispositif plastique : Sylvie Lobato
Dispositif lumière : Laurent Bolognini
Dispositif textuel et vocal : Laure Gauthier
Projection sonore : Martin Saëz

Etudes pour théâtre acoustique

Musique de Pedro Garcia Velasquez et Augustin Muller
Voix : Laure Gauthier et Benjamin Lazar
Textes de Laure Gauthier, Christophe Tarkos, Georges Perec