Laure Gauthier vit et écrit à Paris. Elle écrit des textes poétiques, des récits et des essais.

Laure Gauthier par Thierry de Mey 

Dans ses textes poétiques, la fragilité et la transparence de l’être entrent en tension avec les obsessions de la société : la violence, l’étouffement du langage poétique, le sacrifice de l’intime notamment dans les clichés photographiques et les faits divers, l’obsession de l’origine et l’exotisme : marie blanc rouge / marie weiss rot (Delatour, 2013), La cité dolente (Châtelet-Voltaire, 2015), kaspar de pierre (La lettre volée, 2017), je neige (entre les mots de villon) (LansKine, 2018). Elle accorde une place particulière au statut de la voix qui permet de maintenir une tension entre une poésie sans sujet et une poésie incarnée, sans lyrisme.

Ce travail poétique sur l’énonciation et la polyphonie se poursuit par une collaboration avec des compositeurs/trices contemporains dans la recherche de nouvelles architectures poétiques, scéniques et musicales transmédiales qui dépassent donc l’opposition poésie et musique : «Nun hab’ ich nichts mehr» (2016, commande du Teatro Regio di Parma), pièce pour soprano coloratura, ensemble et électronique (musique de Fabien Lévy), «Back into Nothingness», monodrame essentiellement parlé pour actrice-soprane, chœur et électronique, musique de Nuria Giménez-Comas, (production Grame cncm, coprod. Ircam, Spirito, Festival Archipel-Genève et TNP) créé au TNP les 16 et 17 mars 2018 (Biennale Musiques en scène) et le 24 mars 2018 au théâtre de l’Alhambra à Genève (Festival Archipel).

Mais ce ne sont pas les seules réécritures auxquelles elle participe : Laure Gauthier travaille aussi à repenser l’espace et le temps du texte poétique en lien avec des plasticiens ou des scénographes et compositeurs pour inventer de nouvelles formes comme des installations. Que peut l’image poétique dans sa plasticité et sa sonorité ? Elle programme une installation «la forêt blanche» en collaboration avec la plasticienne Sylvie Lobato et le concepteur lumière Laurent Bolognini en juin 2019 et travaille avec Pedro Garcia Velasquez et Augustin Mueller à une installation sonore 3-D «Etudes de théâtre acoustique» qui a été présentée au ZKM de Karlsruhe en septembre 2018.

Ses textes poétiques sont également publiés en revues, notamment dans Babel heureuse, PLS, Po&sie, Phoenix, Le sac du Semeur, CCP, Sarrazine et Remue.net ; mais aussi dans les revues italiennes Atelier ou Utsanga.it, dans la revue germanophone manuskripte ou dans la revue internationale PØST.

Ses articles scientifiques et essais portent sur les liens entre musique et texte (XVIIe-XXIe) et sur la création inter et transmédiale contemporaine.