« Into the Abyss » de Werner Herzog, ou l’esthétique du « comment ça rate », in : Etudes Germaniques, Paris, Klincksieck, janvier-mars 2014, n° 1, p. 109-131.

Cet article montre la façon dont Werner Herzog, à partir d’un documentaire sur le couloir de la mort (Into the abyss, 2011), travaille à esthétiser la réalité, notamment par des opérations de montage et de métaphorisation, pour faire apparaître une couche plus profonde de vérité. Lorsqu’il plonge en anthropologue dans le cauchemar des victimes et des meurtriers, le réalisateur multiplie les points de vue subjectifs pour ressaisir en images la complexité du vivant et prononcer un plaidoyer pour la vie. Au temps rectiligne du couloir de la mort, il oppose le temps circulaire du rêve, du mythe et du cinéma, afin de créer un espace onirique intact.

« Le couloir de la mort à l’épreuve de la circularité du rêve. À propos d’Into the Abyss de Werner Herzog » in : Vacarme, 67, printemps 2014, p. 108-127.

Nietzsche dans Par-delà le bien le mal écrit que « celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même ». C’est armé de cette conviction que Werner Herzog a entrepris en 2010 son documentaire Into the Abyss. Sa démarche a été simple : filmer ses entretiens avec un condamné à la peine capitale, son complice condamné à perpétuité, des proches des victimes et des acteurs concernés par le dispositif de mise à mort. Encore une fois le cinéaste allemand nous plonge au plus profond des tentatives qu’entreprend tout un chacun pour trouver un sens au chaos qui l’entoure. LINK

« Arnold Schönberg, Symphonie de chambre n°1, opus 9 », in : Accents online, 23/10/2013. LINK

Les années 1905 à 1908 constituent une charnière dans l’œuvre d’Arnold Schönberg. Après avoir composé des œuvres orchestrales amples, notamment les premières esquisses des Gurre – Lieder pour voix et orchestre (l’orchestration, achevée en 1911, en fut commencée entre 1901 et 1903), et le poème symphonique Pelléas et Mélisande, op. 5 (1902-1903), le compositeur fait appel à des formations plus réduites : le Quatuor à cordes n°1, op. 7 (1905), la Symphonie de chambre, op. 9 (1906) et le Quatuor à cordes n°2, op. 10 (1908). Du point de vue musical et esthétique, les deux quatuors, ainsi que la Symphonie de chambre apparaissent comme une sorte d’épure qui rassemble les acquis de la période précédente, encore nimbée de post-romantisme, tout en contenant en germe le renouveau « atonal » dont elles constituent en quelque sorte le préambule.

Arnold Schönberg : « Pierrot lunaire, op. 21 », in Accents online, 3.4.2013. LINK

Als er am 12. März 1912 das erste Melodram des « Pierrot Lunaire » komponiert, schreibt Schönberg, dass er « einem neuen Ausdruck [entgegengehe] » (Berliner Tagebuch, 12. März, S. 34). Das Unerhörte am « Pierrot » liegt daran, dass es sich um ein Werk handelt, das am Schnittpunkt einer atonalen Periode, deren Errungenschaften es zusammenfasst, und einer seriellen Periode steht, die „Pierrot“ durch seine extreme Durchkonstruiertheit ankündigt. Damit versuchte er dem möglichen Chaos eines zu freien atonalen Feldes zu entgehen.

« Généalogie d’une pensée de l’utopie musicale autour de 1800. Aux origines de l’esthétique musicale d’Arthur Schopenhauer », in : Filigrane, « Musique et Utopie » n°17, 2014. LINK

Il est important d’envisager la philosophie de la musique développée par Arthur Schopenhauer avec les moments utopiques qu’elle renferme non pas seulement ou d’abord comme l’inspiratrice d’utopies musicales futures, mais avant tout comme le dépassement de la philosophie de la musique élaborée autour de 1800 par différents représentants du Premier romantisme allemand. La prise en compte de l’apport philosophique du Premier romantisme doit en effet permettre de reconsidérer les moments utopiques qui émergent de la métaphysique de la musique du Monde comme volonté et comme représentation, telle que Schopenhauer l’expose dans la première édition du Monde, publié en 1819, et la précise dans les Suppléments de l’édition de 1844.

« Arnold Schönberg : Suite op. 29 », in Accents online, 16.03.2012. LINK

Dans l’opus 29, Schönberg expérimente les possibilités offertes par la composition sérielle et pense alors être à l’orée d’un nouveau système permettant d’assurer « la suprématie de la musique allemande pour les cent ans à venir ». Pourtant, cet optimisme sera assez vite ébranlé, Schönberg s’interrogeant avant même son exil aux Etats-Unis en 1934 – où il reviendra en partie à une tonalité maîtrisée – sur les limites du strict respect de la « loi » dodécaphonique, qui, dans sa pureté et son dogmatisme, peut susciter l’incompréhension du public et l’isolement. Cet isolement et cette incompréhension mèneront notamment aux interrogations soulevées dans l’opéra inachevé Moïse et Aron (1930-1932).

« Olga Neuwirth : jouer, déjouer », dans Vacarme (n°61, automne 2012, p. 106-117). LINK

In diesem Beitrag wird untersucht, wie Olga Neuwirth, das Lachen als zentrale Kategorie ihres musikalischen Schaffens etabliert.

« Olga Neuwirth. Vigilance oblige », in : Filigrane, « Ethique et Esthétique. La responsabilité sociale de l’artiste », septembre 2011. LINK

In diesem Beitrag wird untersucht, wie Olga Neuwirth das Verhältnis zwischen ihrem musikalischen und musiktheatralischen Werk und der Gesellschaft auffasst. Dabei wird das Selbstreferentielle in ihrer Kunst untersucht, sowie der Begriff der Wachsamkeit.

Par ailleurs, nous prenons en compte les inflexions diachroniques dans l’œuvre d’Olga Neuwirth. À partir de 1999 en effet, c’est-à-dire après le succès remporté aux élections fédérales autrichiennes par le parti populiste d’extrême droite, le FPÖ (Freiheitliche Partei Österreichs) – dirigé alors par Jörg Haider, la compositrice prend pour la première fois position publiquement contre une idéologie particulière : le 19 février 2000, elle prononce un discours sur les marches de l’opéra de Vienne intitulé « Je ne me laisserai pas évincer à coup de jodles » (« Ich lasse mich nicht wegjodeln »). Ce discours a fait couler beaucoup d’encre, il a choqué une partie du public et la critique l’a interprété comme le fait d’une « artiste engagée ». A la même époque, Olga Neuwirth a intensifié sa collaboration avec l’écrivaine autrichienne Elfriede Jelinek, connue pour son engagement contre le gouvernement autrichien, qui signe alors plusieurs livrets pour Neuwirth, notamment pour Bählamm’s Fest (1999) et pour Lost Highway (2002-2003). Il s’agira de déterminer si ces prises de position marquent un tournant dans l’œuvre de la compositrice ou bien si on est en présence d’un engagement conjoncturel qui n’entre pas en concurrence avec sa définition du statut de l’œuvre d’art vis-à-vis du champ politique et social ?

« Anti-kunstreligiöse Züge in den Opern von Olga Neuwirth und Wolfgang Mitterer » in : Kunstreligion um 2000, dir. Albert Meier, Alessandro Costazza, Gérard Laudin, Berlin/New-York, De Gryter, 2014, t. 3, Diversifizierung des Konzepts um 2000, Hamburg/Berlin, Walter de Gruyter Verlag p. 263-289.

Trotz der radikalen Infragestellung der Oper im ausgehenden 20. Jahrhundert setzen sich jüngere Komponisten um 2000 mit dieser « Gattung » weiterhin auseinander. Ausgerechnet in Österreich, dem Land, in dem der Musik und insbesondere der Oper weiterhin ein kultischer Wert beigemessen wird – man denke an den Mozart-Kult oder an die Salzburger-Festspiele – gehen junge Komponisten einen radikalen Weg ein, der an Luigi Nono anschließt. Olga Neuwirth und Wolfgang Mitterer, beide in Österreich geboren, sind bekannt für ihre Klang-Happenings und provokativen Sound-Installationen. Beide Komponisten verzichten jedoch nicht auf die Gattung Oper. Olga Neuwirth komponierte 1996-1999 das Musiktheater « Bählamms Fest » und 2000 « Lost Highway », während Wolfgang Mitterer 2004 die Playbackoper « Massacre » uraufführen ließ. Die traditionelle Gattung wird einer neuen Praxis unterzogen. Beide Künstler heben in der Komposition die Rolle des Zufalls dadurch hervor, dass sie der Improvisation und den aleatorischen Komponenten einen großen Platz einräumen. Darüber hinaus unterstreichen sie durch ihren Umgang mit Liveelektronik und die Präparierung des Aufführungsortes die starke Raumbezogenheit der Musik. Es soll in diesem Aufsatz hinterfragt werden, inwiefern die Betonung des immanenten Charakters der Musik zu einer restlosen Entsakralisierung und Desauratisierung insbesondere der festen musikalischen Formen wie der Oper beiträgt. Dabei soll überprüft werden, ob es in den Werken beider Komponisten nicht doch Spuren eines Glaubens an ein wenn auch gottloses Absolutes zu finden sind, an die Möglichkeit einer verweltlichten Epiphanie, zu denen einzig und allein die Musik Zugang böte.

« La révolution des pêcheurs de Naples (1647) sur la scène protestante allemande. Le Masaniello de Christian Weise (1682) : un drame antirévolutionnaire ? », dans La guerre mise en scène. Théâtre et conflits dans l’Italie du XVIIe siècle, dir. Jean-François Lattarico, Paris, Chemins de Traverses, 2013, p. 177-215.

L’histoire du pêcheur napolitain qui a su braver l’autorité d’un vice-roi d’Espagne en 1647 et prendre, dix jours durant, le commandement d’une des plus grandes métropoles européennes a fait le tour de toute l’Europe suscitant l’intérêt à la fois des chroniqueurs, des poètes et des dramaturges. Les chroniques italiennes, établies par des témoins oculaires, comme Vittorio Siri, Pietro Gazzoti ou encore Alessandro Giraffi, ont été diffusées rapidement, et celle de Giraffi a donné lieu à maintes traductions : la première, en langue anglaise, due à John Howell date en effet de 1650. D’autres traductions du texte de Giraffi suivirent, notamment en français dès 1665 ; furent publiées par ailleurs d’autres chroniques rédigées a posteriori comme celle de Maiolino Bisaccioni (1660) ou encore celle d’Eberhard Werner Happel (1687). L’ascension fulgurante du pêcheur Masaniello et son déclin plus rapide encore en faisait également un sujet de prédilection pour le théâtre et l’opéra. Sur les scènes européennes en effet ce sont les dix premiers jours du conflit opposant le peuple de Naples à son souverain qui retinrent l’intérêt des poètes et non les trois mois qui suivirent la mort du héros populaire. L’italien Giulio Cesare Sorrentina s’inspira dès 1647 du destin tragique du pêcheur pour la rédaction d’un livret d’opéra, La Partenope pacificata. La révolte italienne inspira également des auteurs en territoire protestant. Elle connut un succès tout particulier à Amsterdam. Thomas Asselijn signa en 1668 une tragédie en cinq actes, Op- on ongergang vam Mas Anjello, of Napelse beroerte, qui connut de nombreuses rééditions et fut souvent jouée jusqu’en 1670. Dans les États territoriaux allemands, c’est également en terre protestante, en Saxe, que la première adaptation dramatique de l’histoire du pêcheur napolitain eut lieu. En 1682, l’auteur dramatique Christian Weise écrit une tragédie en cinq actes qui retrace les événements, du premier jour du soulèvement napolitain jusqu’à la mort de Masaniello, en intégrant à l’action principale les facéties d’un amuseur public (Lustige Person). La pièce est publiée un an plus tard. Le drame de Weise a fait l’objet de nombreuses analyses. La critique a interprété très largement L’histoire de Masaniello, chef des insurgés comme un drame à « tendance antirévolutionnaire » qui fait l’apologie de la restauration de l’ordre ancien et se prononce pour une forme d’« apartheid » (Albert Meier, Dramaturgie der Bewunderung, 1993, p. 28) entre les trois états. Nous tentons de déterminer quelle interprétation politique Weise donne du conflit napolitain en étudiant la lecture qu’il fait de la chronique d’Alessandro Giraffi, ce qu’il en a retenu, ce qu’il a modifié ou aménagé. Par ailleurs, nous étudions dans quelle mesure l’éthos de l’auteur, sa culture confessionnelle et politique notamment, a pu infléchir cette réécriture de l’histoire napolitaine. Les conflits politiques et plus particulièrement les révoltes populaires et les tyrannicides étant alors un sujet de prédilection à la fois des troupes ambulantes et du théâtre d’école protestant, notamment silésien, il convient de situer la tragédie de Christian Weise par rapport à une tradition dramaturgique existante et de déterminer si le choix du sujet révolutionnaire motive par ailleurs des choix génériques en rupture avec cette tradition.

« Arnold Schönberg Moses und Aron : Vertiefung oder Aufhebung der kunstreligiösen Dialektik ? », dans Kunstreligion um 1850, dir. Albert Meier, Alessandro Costazza, Gérard Laudin, Berlin/New-York, De Gryter, 2012, t. 2, Hamburg/Berlin, Walter de Gruyter Verlag, 2012, p. 155-184.

La croyance de Schönberg en une force quasi divine de la musique entre en tension avec une conscience aiguë de la catastrophe, ces « nuits de la Saint Barthélémy » dont le compositeur redoute la survenue dès 1923. On pourrait appeler la période comprise entre 1921 et 1933 la période de l’« avant-catastrophe ». Elle se caractérise par un mouvement dialectique d’une part entre une foi en l’art portée par la « découverte » de la série et d’autre part par un pessimisme politique se manifestant par un appel à l’action et à l’engagement sioniste. Les œuvres produites alors sont toutes l’expression d’une tension extrême entre une aspiration à l’idéal voire à l’Absolu, conçue comme un moyen d’échapper à l’Histoire, et la conscience de la catastrophe, la nécessaire inscription dans l’Histoire et dans l’action, dialectique qui parcourt les deux premiers actes de Moïse et Aron.

« Ausstrahlung der Hamburger Oper um 1700 – Zirkulation und Verbreitung neuer Kunstformen – und praktiken » dans Hamburg, dir. Johann Anselm Steiger & Sandra Richter, Hamburg, Hamburg University Press, 2012, p. 639-650.

In der Zeit zwischen 1678 und 1738, d.h. in der Zeit der sog. Gänsemarktoper, vollzog sich in der Kulturgeschichte Hamburgs eine tiefe Veränderung der repräsentativen und festlichen Kultur. Ziel des Beitrags ist zu ergründen, wie sehr die Gründung der Oper in der Wandlung der Stadt von einer Handelstadt zu einer Kunstmetropole eine entscheidende Rolle spielte und inwiefern die Oper einen Prozess unterstützte, der seitens des Senats politisch in die Wege geleitet wurde. Hamburg entwickelte sich in diesen Jahren zum Idealtypus einer neuen Stadtkultur. Die bürgerliche lutherische norddeutsche Stadt wurde bald zur kulturellen Alternative sowohl zum katholischen als auch zum lutherischen höfischen Modell. Zwei Ebenen werden dabei berücksichtigt:

  • die politische Ebene, d.h. die Definition einer neuen städtischen Identität und die Untersuchung der Mittel, die in diesem Prozess von den politischen Akteuren der Stadt eingesetzt wurden.
  • die kulturelle, insbesondere die musikalische Ebene, d.h. das Erscheinen und die Durchsetzung einer neuen festlichen Kultur und vor allem die Entwicklung des musikalischen Raums innerhalb der Stadt.
Beide Sphären, die machtpolitische und die kulturell-musikalische, werden nicht getrennt, sondern in ihrem Zusammenwirken untersucht. Aufgezeigt wird die Interdependenz des musikalischen und des politischen Raumes, ihr jedenseitiges Sich-Befruchten oder Sich-Hemmen

« Aux origines du « Gänsemarktoper ». Mutations de l’espace musical à Hambourg au lendemain de la guerre de Trente Ans » dans Les grands centres musicaux dans le monde germanique (XVIIe-XIXe s.), dir. Jean-François Candoni & Laure Gauthier, Paris, PUPS, 2014, p. 49-69.

Gezeigt wird, wie die diplomatischen und politischen Umbrüche im Reich am Ende des Dreißigjährigen Krieges der Politik des Rates eine andere Richtung gegeben haben. Hamburg sagt sich von seinen hanseatischen Verbündeten los und entwickelt eine eigene kulturelle Infrastruktur. Auf spektakuläre Weise erschließt sich ein neuer musikalischer Raum. Die Freie Reichsstadt wird noch vor Lübeck und den niedersächsischen Höfen die Stadt, in der das musikalische Leben zur höchsten Blüte gelangt.

« Mélodies Urbaines. Musik im städtischen Raum oder die Neuverortung von Musikgeschichte », Musik im französischen Köln, éd. A. Jacobshagen, Wolfram Steinbeck & Robert von Zahn, Köln, Merseburger, 2010, p. 29-41.

Der Aufsatz schlägt vor, Musikgeschichte aus einer stadtgeschichtlichen Perspektive zu erfassen. Das musikalische Ereignis erfährt so eine Verbindung mit der Geschichte anderer urbaner, vor allem politischer und konfessioneller Räume. Es werden die Möglichkeiten aufgezeigt, die ein solcher Ansatz für die Untersuchung von polyzentrischen und mehrkonfessionellen Räumen wie dem deutschsprachigen in der Moderne eröffnet.

« Der paradoxe Status der Oper im 17. Jahrhundert: Eine ‚neue‘, antikfundierte Kunst », in: Welche Antike? Konkurrierende Rezeptionen des Altertums im Barock, 2 t., éd. Ulrich Heinen, Wiesbaden, Harrassowitz, 2011 (Wolfenbütteler Arbeiten zur Barockforschung, 47), t. 2, p. 1007-1023.

Während sich die Oper im 17. Jahrhundert als neues dramatisches Genre in Europa sowohl an den Höfen als auch in den städtischen Theatern einer großen und steigenden Beliebtheit erfreute, löste die Frage nach dem poetischen Status des Librettos bei den Kunstexegeten und Dichtern heftige Kontroversen aus. Wie sollte man über einen Text urteilen, der nicht nur von Musik begleitet, sondern auch durchgesungen wird? Sollten die aristotelischen dramaturgischen Kategorien, die im 17. Jahrhundert für die Sprechbühne als Maßstab galten, auch auf das lyrische Drama angewendet werden? Oder sollte man das neue Genre, das aus dem Zusammenspiel mehrerer Künste entstand, als eigenständig betrachten und neue dramaturgische, seine Plurimedialität bedenkende Regeln aufstellen? In einem Zeitalter, in dem Kritiker und Akademiker die verschiedenen dramatischen Gattungen anhand der normativen Poetiken des Aristoteles und des Horaz schärfer einzugrenzen versuchten, wurde das neue Repertoire immer noch an der Sprechbühne und am antiken Kanon gemessen. Im Laufe des 17. Jahrhunderts entwickelte sich das melodramatische Repertoire zunächst in Italien, dann in Frankreich und Deutschland, ohne daß gleichzeitig eine Dramaturgie des Librettos entstand. Aus dieser Lücke wußten die Kritiker des Genres ihren Vorteil zu ziehen, um dessen Legitimität in Frage zu stellen. Zwar genoß das ,drama per musica‘ das ganze Jahrhundert hindurch in Italien bei den Kunsttheoretikern großes Ansehen, da es aus den akademischen Kreisen der Camerata Bardi in Florenz hervorging und das Resultat jahrelanger Auseinandersetzung mit der Dramaturgie der Antike war. In den Ländern aber, in denen sich das Genre später entwickelte, vornehmlich also in Frankreich und im deutschsprachigen Raum, wo sich das Opernrepertoire erst ab den siebziger Jahren des 17. Jahrhunderts durchsetzte, kam es zu lange andauernden kontroversen Debatten über die Definition dieser dramatischen Gattung. Zwischen 1670 und 1700 begann sich in Frankreich und Deutschland die Zukunft der französischen und deutschen Oper abzuzeichnen. Die Debatten um den Status der Oper entflammten noch heftiger, als der Versuch unternommen wurde, das neue Repertoire in Frankreich durch die Gründung der „Academie de musique“ (1673) und in Deutschland durch die Eröffnung der Hamburger Gänsemarktoper (1678) zu institutionalisieren. Es geht hier darum zu zeigen, daß sowohl die Verteidiger des neuen Genres als auch dessen Gegner ihre Argumentationen mit dem Rückgriff auf das antike Repertoire und auf die antike Dramaturgie zu untermauern versuchten. Zum anderen soll herausgearbeitet werden, inwiefern die Debatten um die ästhetische beziehungsweise um die ethische Legitimierung des neuen Genres eine kontroverse Auffassung der Antike zum Ausdruck brachten. Sie gipfelte in Frankreich im Streit zwischen den Alten und den Modernen, der Querelle des Anciens et des Modernes, und in Deutschland im sogenannten Hamburger Opernstreit. adiaphoron, une chose moralement neutre (« Mittelding »). Les débats autour du premier opéra « allemand », le Gänsemarktoper de Hambourg, coïncident avec l’émergence à Hambourg d’un discours piétiste hostile à la scène.

« Das Bild der Osmanen in der deutschen Barockoper. Die Oper Cara Mustafa (1686) als erste deutschprachige Türquerie », Actes du Congrès de l’IVG, t. 9, Bern, Peter Lang, 2007, p. 33-39.

Kaum drei Jahre nach der missglückten Belagerung Wiens durch die Ottomanen schrieb der hamburgische Librettist Lukas von Bostel eine zweiteilige Oper mit dem Titel „Cara Mustafa“(1686) und lieβ sie auf die Bühne der acht Jahre früher gegründeten ersten stehenden deutschen Oper, der Hamburger Gänsemarktoper, bringen. Das Werk wurde in einem sowohl regional als auch überregional gespannten Kontext geschrieben : Als die Ottomanen in den 1660er Jahren die Grenzen des Reiches erneut bedrohten, hatte der Keiser von Wien aus alle Christen im Reich gegen den gemeinsamen „Erzfeind“ der Christenheit mobilisiert. Der Kampf gegen den Sultan galt als eine Art „heiliger Krieg“ gegen die Mohamedaner. In Hamburg erschien es daher auch riskant, die Geschichte des Cara Mustafa und alle sich im Harem darum entwickelnden Liebesintrigen darzustellen, denn das dortige lutherische Geistliche Ministerium übte eine scharfe Zensur der Libretti aus. Deshalb verzichteten die meisten Librettisten vor 1686 weitgehend auf die Darstellung von zeitgenössischen und galanten Fabeln. Durch die Darbietung seines türkischen Stoffes beabsichtigte Bostel eine Reform der dortigen Oper und der deutschsprachigen Oper überhaupt. Ihm ging es durch die Wahl des türkischen Sujets um die Erlangung einer neuen ästhetischen Freiheit. Das türkische Motiv sollte bühnenreif gemacht werden; aus der Geschichte des Cara Mustafa sollte eine sowohl unterhaltsame als auch erbauende Oper hervorgehen. Im programmatischen Vorbericht beruft er sich absichtlich nicht auf die berühmten türkischen Tragödien eines Lohensteins, sondern ausschliesslich auf Racines Bajazet, den er sich als Vorbild nimmt. Auch wenn er viele Topoï und Schablonen zur Darstellung der Ottomanen übernimmt (Verquickung von Leidenschaft und Willkür des orientalischen Tyrannen, die Barbarei der Sitten der Ottomanen, usw…), verfolgte er, anders als Lohenstein, kein konfessionnelles und politisches Ziel dabei. Das Hamburger Stück sollte vordergründig das Verhältnis zwischen Leidenschaft und Vernunft, Liebe und Politik hinterfragen. Es soll in diesem Beitrag gezeigt werden, wie Bostel versucht hat, ein Jahrhundert vor Mozarts Entführung aus dem Serail, den „türkischen Stoff“ weitgehend zu entkonfessionalisieren und zu entpolitisieren. Trotzdem verursachte die Uraufführung 1686 einen Skandall. In Hamburg wurden alle weiteren Aufführungen verboten und das Opernhaus am Gänsemarkt eine Zeitlang geschlossen. Cara Mustafa (1686), représenté en 1686 à Hambourg, est étudié car il offre l’exemple d’une turquerie, largement dépolitisée.

« Corneille sur la scène du premier opéra permanent allemand L’adaptation (1689) de Polyeucte par le pasteur Heinrich Elmenhorst », Pierre Corneille et l’Allemagne. L’œuvre dramatique de Pierre Corneille dans le monde germanique (XVIIe-XIXe siècles), dirigé par Jean-Marie Valentin avec la collaboration de Laure Gauthier, Paris, Desjonquières, 2007, p. 113-134

In diesem Artikel untersuche ich, welche Modifikationen die Geschichte von Polyeuctos in der Adaption erfahren hat. Was bedeutet auf ästhetischer Ebene der Gattungswechsel von klassischer Tragödie zur Oper? Was auf ethischer Ebene der Übergang von einem Glaubens- und Kulturraum in einen anderen, von einer katholischen Tragödie zu einem von einem Hamburger Pastor verfassten Libretto?

« ‘Cara Mustafa’ (1686) de Lukas von Bostel ou la première turquerie sur la scène d’opéra allemande : dépolitisation et déconfessionnalisation du motif turc », Recherches germaniques, Strasbourg, n° 36, 2006, p. 1-23.

Im Heiligen Römischen Reich Deutscher Nation diente das Theater in der Frühen Neuzeit zur Bekämpfung der Osmanen und der Verbreitung des Islams. In der für die Hamburger Gänsemarktoper verfassten Doppeloper Cara Mustapha (1686) verzichtete Lukas von Bostel auf die polemische Darstellung der Türken auf der Bühne. Mit der Darbietung seines türkischen Stückes beabsichtigte er eine Reform der dortigen Oper und der deutschsprachigen Oper überhaupt. Durch die Wahl des türkischen Sujets ging es ihm primär um die Erlangung einer ästhetischen Freiheit, wie es im programmatischen Vorwort ersichtlich wird. Dabei griff er auf das französische Vorbild der Turquerie, nämlich auf Racines Bajazet zurück, und nicht auf die türkischen Tragödien Lohensteins. Ein Jahrhundert vor Mozarts Entführung aus dem Serail gelang es dem Hamburger Librettisten das türkische Motiv weitgehend zu entkonfessionalisieren und zu entpolitisieren. Darüber hinaus wollte Bostel neue, opernspezifische dramaturgische Regeln aufstellen. Im Libretto griff er auf verschiedene für die französischen Turqueries charakteristische Stereotypen zurück, um ein Idealbild des Orients zu schaffen. Die Belagerung Wiens durch Cara Mustapha (1683) diente ihm als Vorwand für die Darstellung von galanten Liebesintrigen. Die Literarisierung des türkischen Motivs geht mit einer positiven Neubewertung der Osmanen einher: Der damals im Reich als unüberwindbar geltende Gegensatz zwischen christlichen Europäern und osmanischen Mohammedanern wurde im Namen eines irenischen Ideals aufgehoben. Cara Mustafa, écrit pour la scène de Hambourg (le Gänsemarktoper) en 1686, Lukas von Bostel  rompt avec la représentation idéologique des Turcs dans le répertoire germanophone: en prenant pour modèle Bajazet de Racine et non les pièces « turques » de Lohenstein, le librettiste fournit, un siècle avant L’Enlèvement au sérail de Mozart, le premier opéra en langue allemande où le motif turc est largement dépolitisé et déconfessionnalisé. Dans l’avant-propos programmatique, Bostel insiste sur la nécessité d’entreprendre une réforme de l’écriture des livrets et d’édicter des règles nouvelles, spécifiques à ce genre, qui ne soient donc pas empruntées au théâtre parlé. Dans le livret, il reprend différents stéréotypes propres aux turqueries françaises, pour créer un Orient idéalisé. L’évocation du siège de Vienne (1683) par Cara Mustapha est en réalité pour lui l’occasion de peindre des intrigues galantes. La littérarisation du motif turc s’accompagne également d’une valorisation des Ottomans: l’opposition entre chrétiens et musulmans, présentée alors dans l’Empire comme irréductible, est dépassée au nom d’un idéal iréniste.

« L’impossible opéra historique ou la tentation opératique de Schiller », Études Germaniques, n°60, 2005, 4, p. 855-872

L’histoire a fourni à Schiller la plupart des sujets de ses tragédies ; celles-ci ont été à leur tour reprises par des compositeurs qui en ont fait au XIXe siècle des opéras historiques à succès. Cependant, Schiller lui-même n’a jamais achevé l’écriture d’un livret d’opéra. La critique a jusqu’à présent négligé le rôle déterminant qu’a joué l’opéra en tant que nouvelle forme dramatique dans la carrière du poète « classique » à partir de la fin des années 1780. Cet article s’attache à retracer l’ambition qui fut celle de Schiller, de parvenir à écrire un livret et à comprendre pourquoi ces textes sont restés à l’état de fragments. Certes, l’échec de Schiller est imputable à son insuffisante maîtrise de la forme opératique ; mais surtout il n’a pas su se familiariser avec les thèmes du répertoire du Singspiel en vogue à l’époque (sujets tirés de la mythologie ou des contes merveilleux), pas plus qu’il n’est parvenu à transposer des sujets historiques en opéra.

« Les Pensées de l’opéra (1708) de Barthold Feind ou la première ‘Dramaturgie de Hambourg’ », Le monde germanique et l’opéra, le livret en question, dir. Bernard Banoun et Jean-François Candoni, Paris, Klincksieck, 2005, p. 71-87.

Die im lutherischen Deutschland erschienenen Poetiken seit Martin Opitz‘ Buch von der Deutschen Poeterey (1624), insbesondere die der patriotisch-gesinnten Sprachgesellschaften trugen wenig zur Wertschätzung der neuen dramatischen Formen bei, die auf dem Wechsel von Arie und Sprechgesang beruhten. Die wichtigsten Vertreter dieser Gesellschaften, Philipp von Zesen und Georg Philipp von Harsdörffer, widmeten der Definition der dramatischen Dichtung kaum mehr als ein Kapitel ihrer poetologischen Abhandlungen. Dabei vernachlässigten sie deren breite Diversifizierung und ignorierten die neue Kategorie an Bühnenwerken, die Gesang verwendeten, wie Serenaden und Opern. 1708 veröffentlichte der Hamburger Librettist Barthold Feind eine Schrift, die sich ganz der Dramaturgie des Opernlibrettos widmete. Der Artikel zeigt den originellen Charakter dieser Gedancken von der Opera. Das Werk ist der erste Versuch in Deutschland, die Opernproduktion zu normieren und überdies zu definieren, was die Originalität des deutschen Opernrepertoires ausmacht oder ausmachen könnte. Les Pensées sur l’opéra constituent la première tentative entreprise en Allemagne de normer la production opératique et de définir en outre ce qui constitue ou pourrait constituer l’originalité du répertoire allemand par rapport aux autres répertoires opératiques.

« La littérature germanophone, une quête tourmentée », Allemagne, peuple et culture, sous la direction de Anne Marie Le Gloanec, Paris, La Découverte, 2005, p. 159-165.

Il s’agit dans cet article d’offrir un panorama de la littérature de langue allemande depuis le Moyen-Age jusqu’à nos jours en offrant une synthèse des principales périodes et de leur paradigmes esthétiques principaux.

« Die Neuberin in Hamburg : der alte und der neue Geschmack », Vernunft und Sinnlichkeit, Beiträge zur Theaterepoche der Neuberin, Reichenbach i. V., 1999, (Schriften des Neuberin Museums, 2), p. 164-200.

Die meist mehrere Monate währenden Aufenthalte der Neuberschen Theatergesellschaft in Hamburg erstreckten sich über einen Zeitraum von 13 Jahren (1728-1740). Unter Berücksichtigung des spürbaren Drangs der Hamburger Aufklärungszirkel nach Selbstständigkeit entwickelt die Neuberin eine Strategie, die darauf abzielt, durch Vermeidung allzu brüskierender Änderungen die Unterstützung des Magistrats zu erlangen, dem Publikum neue Stücke näherzubringen und Schritt für Schritt im kulturellen Alltag der Stadt an Gewicht zu gewinnen. Der ortstypischen Vorliebe für die Gesangsbühne, für Possen und Haupt- und Staatsaktionen setzt sie ab 1728 ein Repertoire entgegen, das von Harlekinaden, lustigen Nachspielen bis hin zu den vielen französischen Komödien und einigen regelmäßigen Trauerspielen eine große Bandbreite bietet. Der relativ große Erfolg, den diese Mischkonzeption zeitigt, ist aber auch das Ergebnis einer klugen Gastspielpolitik, wodurch die in Hamburg sehr gewöhnungsbedürftige Beschäftigung mit ‚ordentlich gesetzten Stücken‘ anfangs maßvoll dosiert, die Geduld, solche Stücke überhaupt, gantz anzusehen oder anzuhören‘, allmählich geschult wird.