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back into nothingness

L’œuvre

Un monodrame pour une voix, chœur et électronique

Texte de Laure Gauthier
Musique de Nuria Gimenez-Comas

Scénographie, conception lumières : Giuseppe Frigeni
Choeur Spirito sous la direction de Nicole Corti.

Coproduction : Grame cncm, Spirito, Ircam, Festival Archipel

Première mondiale Biennale Musiques en scène Lyon (mars 2018)

Festival Archipel Genève (mars 2018)
Festival Manifeste Paris (juin 2018)

Autour de l’œuvre

Le titre, emprunté à Max Klinger (voir le cycle : « Ein Leben. Ins Nichts zurück », 1880-1884), fait écho au destin de Kaspar Hauser. Une image multimédia de notre société qui à la fois maltraite et momifie la poésie. Une Europe des gros-titres et des faits divers.

« ce qui nous intéresse c’est de faire entendre la surdité, donner à voir et entendre ce qui est dans la terre, le souffle, le rythme, l’enthousiasme comme le trauma qui est une faille d’ou on observe aussi la vie » (Laure Gauthier et Nuria Gimenez-Comas)

L’histoire de Kaspar Hauser a peu fait l’objet d’adaptations à la scène musicale et lyrique. On peut néanmoins évoquer « Kaspar Hauser » d’Elizabeth Swados et Erin Courtney. Dans ce projet, il s’agit de dynamiter en poésie et en musique le mythe du « séquestré au cœur pur » (Françoise Dolto), de l’enfant innocent. La musique, la langue, la profération, le chant et la lumière rendront une image de l’aspiration sourde-muette au langage primitif, sauvage, de l’enfant-placard. Le destin de Kaspar est une image de notre société capitaliste tardive qui a soif de gros-titres et iconise les enfants maltraités. Pour la première fois, le séjour à Nuremberg et les expérimentations positivistes seront laissées hors-champ et c’est la marche de Kaspar entre son cachot obscur et la ville de Nuremberg qui sera mis en scène. Back into nothingness ne sera pas une ballade romantique; il s’agit d’une titubation kinesthésique à travers un trauma devenu langage (corps, chant, instruments, images). Le personnage de Kaspar est un handicapé. Handicapé à plusieurs titres qui trouve la langue : il parle par onomatopées, titube, se tait, déraille et devient presque chant : d’une part, le monde acoustique du trauma, de l’enfermement – sons de la violence muette ; d’autre part, le monde acoustique de la ville avec ses questions incessantes (« d’où viens-tu ? »…), sons de la violence aveugle. Kaspar exprime à la fois la violence – qui lui fut faite, qui lui sera faite – et l’espoir du blanc, d’une parole à soi. Le blanc est pour ainsi dire le fil rouge poétique. La musique et le texte expriment son enthousiasme pour la lumière blanche ou encore pour les nuages ou la neige dont il n’a pas encore fait l’expérience.